Soyons Z.E.N., mais pas ramollos

La ville lance ces jours-ci un Comité Consultatif des Transitions, dont l’objectif (pour le résumer à très gros traits) est d’impliquer les Scéens dans une démarche de réduction des gaz à effet de serre (GES). La commune compte prendre sa part dans l’effort commun auquel appellent les sombres prévisions de changement climatique. L’ambition du Comité est en fait plus large, mais nous aurons l’occasion de revenir sur le sujet.

Le contexte de cette initiative est qu’aujourd’hui, en 2020, la conviction s’est imposée qu’il faut engager des actions sans tarder. L’Europe a défini des objectifs, dits de neutralité carbone, à l’horizon 2050. L’échéance peut sembler lointaine, elle est proche. Car il s’agit d’éliminer la production de GES, parmi lesquels le fameux CO2 qui a la fâcheuse manie de surgir d’un peu partout.

C’est pourquoi l’affaire est difficile. Il n’émane pas seulement des sources les plus visibles : gaz d’échappement des voitures, kérosène des avions, combustion du bois ou du charbon, pour le chauffage des habitats. En amont de ces usages, la fabrication industrielle en est elle-même productrice. Les machines ont besoin d’énergie et il faut bien la produire. Les composants d’un produit voyagent pour parvenir jusqu’aux lignes d’assemblage.

De sorte que ce sont les chaînes de production au complet qu’il faut considérer. Ainsi, il est de bon ton de pourfendre l’avion au motif de sa consommation en carburant et de lui préférer le train qui fonctionne à l’électricité. Vu de la seule phase finale, celle du déplacement des engins, l’argument se tient. Mais il oublie intentionnellement d’ajouter la production des kilomètres de rails, des locomotives et des wagons, l’entretien des innombrables gares,… toutes activités humaines, elles-mêmes consommatrices d’énergie et potentiellement émettrices de GES.

Les EPE (Entreprises pour l’environnement) s’engagent dans la démarche

On comprend à travers cet exemple que la prise en compte de tous les paramètres ne sera pas tâche aisée. Pour y répondre la notion de ZEN pour zéro émissions nettes s’est imposée. Elle tente justement d’appréhender la totalité des aspects évoquées. Mais elle inclut aussi ce qui élimine du C02 en le transformant : forêts, océans, sols, de nombreux phénomènes naturels captent le carbone pour le reconvertir. A cela s’ajoute des stockages géologiques.

Tout ceci sera sans doute sujet à controverse. Comment en irait-il autrement, tant la complexité est grande. Mais souhaitons bonne chance à la conviction ZEN (car il lui en faudra). Et ce zen-là ne pourra guère se contenter de jouir du vol des oiseaux, de la profondeur du ciel, ou de l’équilibre retrouvé entre ses parts intimes.

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